Le yoga au bureau, le “yoga corporate”, avec Carole et Alexandra de Yogist

Le yoga est un sport à part entière.

Par sa méthode, ses règles et ses enseignements, le yoga amène l’individu à voir au-delà des heures d’entraînement. L’intérêt trouvé dans ce sport réside dans la connexion certaine qui s’établit au fil de la pratique entre le corps et l’esprit.

Le yoga fournit des outils utiles dans notre quotidien. Apprendre à se tenir droit s’avère pratique lorsqu’on passe de nombreuses heures sur une chaise de bureau. Les gestes observés et intégrés prennent progressivement de plus en plus de place dans la vie de tous les jours. Du port de tête à la position des pieds, la façon de se mouvoir se voit reconsidérée. Le pratiquant commence à s’interroger sur sa posture physique : il est plus attentif à ses lombaires ou ses épaules, à l’ensemble de ce qui le constitue.

Yoga on the Beach
Source : Pixabay

Le mouvement d’introspection part du corps pour le dépasser. Le pratiquant aura de grandes chances de s’interroger sur posture personnelle. Le travail effectué sur l’équilibre et l’effort touche le plan des émotions ; on commence à s’interroger sur sa relation au travail ou aux autres. Les questions que l’on commence à se poser sur un tapis de yoga sont transposables à tout le reste. En cours, on se concentre sur le ressenti : est-ce que je concentre assez d’effort pour réaliser la posture mais pas trop pour ne pas me blesser ? Peut-être que dans la vie de tous les jours, les questions deviennent : suis-je satisfait.e de mon implication actuelle (au travail ou dans cette relation) ?

“Je prends beaucoup de plaisir à animer les ateliers en entreprise. C’est intéressant de voir qu’il existe des problématiques communes entre les participants aux ateliers en entreprise et les élèves d’un cours de yoga. La question de la performance en est une… Je me rends compte que c’est très dur de demander aux gens de ne pas viser la performance lorsqu’ils s’essaient au yoga, parce que c’est profondément lié à notre type de société. C’est d’ailleurs pour ça qu’on précise toujours en début de session : ne vous comparez pas à vos collègues et sachez mesurer l’effort en fonction de vous… A mon sens, le yoga est la seule pratique qui te permette de doser la pression et l’énergie investis. Dans d’autres sports, comme la course en solo par exemple, il y a plus de chances de se créer des douleurs parce qu’on n’a pas executé le geste comme il falait – en courant d’une certaine manière. Tandis qu’avec le yoga, tu es tellement concentré sur ton corps et sur ta respiration, que si tu sens qu’une posture est douloureuse, tu la modifie en conséquence. C’est notamment plus facile avec le yoga que c’est du travail “step by step”, tu entres dans une posture en plusieurs étapes. Et c’est certainement ce qui amène chacun à évaluer sa marge de progrès : tu sais voir laquelle des étapes est plus facile à passer qu’avant, tu sais dire si tu arrives à tenir davantage en équilibre ou sur tes bras par rapport au début de ta pratique. C’est en cela que la seule comparaison qui vaille est finalement la comparaison avec toi-même.”

Ainsi le yoga peut ouvrir la voie à de nouvelles façons d’aborder les autres et soi-même. Les étirements en salle pour gagner en souplesse nous aide à développer davantage de bienveillance et d’acceptation. Ne pas réussir à tenir une posture parce qu’on est plus fatigué qu’à l’habitude, se perdre dans ses propres pensées alors qu’on sait devoir être pleinement investi dans sa séance sont inévitables. Elles font partie de ces petites choses inévitables que rencontrera un yogi plus d’une fois. En réponse, l’individu peut se reprocher de ne pas être aussi bon que le voisin, culpabiliser d’être inattentif ou regretter ses performances passées. Puis, à mesure qu’il expérimentera ces “échecs”, à mesure aussi qu’il partagera avec d’autres pratiquants ou avec ses professeurs, l’individu saura se montrer plus compréhensif. Il entendra alors qu’il est normal de ne pas tout réussir, tout le temps.La pratique aide à mettre son ego à la poubelle. La force du yoga c’est de nous apprendre à relativiser, dans la vie de tous les jours…”.

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Ce billet (et plus particulièrement les phrases entre guillemets, en italique et en couleur) est issu de la rencontre avec Alexandra et Carole de Yogist à STATION F. Passion et disponibilité étaient les maîtres mots de cet entretien dynamique. Merci encore de m’avoir reçu !

Yogist-logo-uk

Le projet Yogist

Selon les propres mots de Carole, les équipes de Yogist travaillant à partir du “yoga corporate”, développé par la fondatrice Anne-Charlote Vuccino, qui se fait sur chaise :

  • S’adresse aux personnes ayant peu de temps à consacrer au yoga, et plus encore à celles qui ne sont pas emballées par l’idée qu’elles en ont ;
  • L’environnement est volontairement familier pour créer un cadre sécurisant. Il n’est attendu de personne d’amener ton tapis de yoga ; les participants sont en tenue de travail. Les professionnels de Yogist ont travaillé en entreprise et connaissent le milieu du travail. C’est pourquoi l’angle d’approche est lié aux risques psychosociaux. “On aborde la gestion du stress et l’importance de l’étirement en parlant des lombaires plutôt que des chakras” ajoute Carole avec un sourire.  Elle reprend : “nous avons écarté volontairement la dimension spirituelle  pour éviter tout blocage mental des participants”. “Nous sommes moins là pour leur apprendre le yoga que pour prendre soin d’eux. Les ateliers que nous animons sont vécues par beaucoup comme des heures, sur le temps de travail, où les salariés sont invités à déconnecter de leurs fichiers Excel, et on sent que ce temps là leur est précieux.”

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Le livre “Comme un Yogist” d’Anne-Charlotte Vuccino, la fondatrice. “Pour être bien partout, même au bureau”.

Plus d’infos sur le site FNAC

Ou sur le site d’Amazon

Découvrez l’article qu’en a fait Deltrey sur Deltreylicious, photos descriptives de la méthode à l’appui

comme-un-yogist

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L’enseignement de la semaine par Michael de La Bulle Yoga

L’ouverture de La Bulle Yoga, il y a maintenant 10 mois, n’a pas empêché Michael se de rendre disponible pour un premier échange. En relisant les notes de notre entretien, je repense à ce paragraphe de l’excellent A magia de pensar em grande de David J. Schwartz (je vous assure, c’est une coïncidence qu’ils portent tous deux le même nom) que j’ai lu récemment. Dans son chapitre sur la créativité, l’auteur présente qu’il est plus intéressant de travailler avec quelqu’un investi sur plusieurs projets – c’est par ailleurs plutôt un trait caractéristique de personnes “ayant réussi” : elles sont très occupées. Etant obligées de mener à bien leurs projets, elles développent au fur et à mesure de leur engagement, une organisation très précise leur permettant d’anticiper et d’avancer. A contrario, une personne qui aurait “tout le temps du monde” pour accomplir une tâche ou résoudre un problème ne serait pas forcément plus productif (voir références en bas de page). Pour en revenir à Michael, j’étais ravie qu’il prenne un peu de temps pour répondre à mes questions.

Michael Schwartz

Qui est Michael Schwartz ?

Michael est conférencier. Il aborde entre autre le sujet de l’entrepreneuriat d’impact parce qu’il est lui-même porteur de projets. Il a co-fondé La Bulle Yoga, mentionnée plus haut, pour démocratiser le yoga, cette passion, ce sport, qui participe à son équilibre personnel. Il est aussi à l’origine d’un autre type d’espace, La Cordée, ouvert aux travailleurs nomades à la recherche d’un cadre convivial. L’entraide et l’ouverture sont les mots d’ordre de cet écosystème de travail… Nous parlions de quelqu’un d’occupé ?

J’ai sollicité Michael parce que j’avais envie de comprendre ce qui l’avait amené au yoga et ce qui l’avait encouragé à en faire son quotidien professionnel. Cette curiosité se trouvait renforcée par son expérience du Brésil, où il a vécu à 3 reprises. Tout cela mis bout à bout me confirmait que je pouvais démarrer mes entretiens d’observation avec lui.

Ce que j’ai appris cette semaine avec Michael

Considérant votre temps (de lecture mais pas seulement) limité, je ne retranscrirai pas l’ensemble des entretiens sur ce blog. Je partagerais plutôt une pépite : un détail, une remarque ou un secret qui aura retenu mon attention lors des entretiens.

Après un entretien guidé sur la pratique du yoga en France, et tandis que nous allions nous quitter, Michael a livré ce que j’appelle “la pépite” :

“Le Brésil c’était il y a très longtemps pour moi maintenant. Ce que je peux te dire c’est que le Brésil est très en avance sur la pratique du yoga. C’est un excellent endroit pour aller à la rencontre d’enseignements différents. Ils ont des approches et des visions très développées en la matière, ce qui te fera avancer.”

Je vous laisse méditer ces quelques mots. Ca ne pouvait pas m’encourager plus dans la poursuite de la recherche. J’ai hâte de vous transmettre tout cela.


William Farlow Yoga

En savoir plus sur La Bulle Yoga

Le projet à l’origine du studio La Bulle Yoga à Lyon vise à déconstruire les idées préconcues sur le yoga telles que “le yoga, c’est pour les filles”, “le yoga, c’est pour les vieux”, “le yoga, c’est pas pour moi” (source). En proposant des séances de pratiques diverses, l’équipe de La Bulle vous aide à trouver celle qui vous convient, à tout moment de la journée. A l’une de mes questions relatives aux emplois du temps citadins surbookés, Michael répondait justement : “c’est toujours frustrant de manquer un cours collectif, et c’est d’ailleurs comme ça qu’on a pensé notre concept : si vous manquez un cours, vous pouvez rejoindre celui prévu 30 minutes après”.

Le site : https://www.labulle.yoga/


Notes :

[1] “Todas as pessoas bem-sucedidas e competentes que conheço são pessoas ocupadas. […] Aprendi em várias ocasiões que posso contar com uma pessoa muito ocupada para cumprir.” (A magia de pensar em grande (titre original : The magic of thinking big), Dr. David J. Schwartz, p.112, éd. lua de papel).

Crédits image : William Farlow